CR Dominique Blanchet / Ironman de Vichy 27/08/18

Voici le CR de Dominique Blanchet sur l’Ironman de Vichy (27/08/18):

A l’arrivée de Vitoria en 2017, j’ai dit beaucoup de gros mots : pourtant, je remets ça pour l’Ironman de Vichy en le 27 aout 2018.

Après 2 semaines en Ardèche où je suis déconnectée du triathlon et de la compétition, nous arrivons le vendredi. Est-ce que je vais arriver à faire ce que je veux ? L’idée est de faire mieux que l’an dernier (12h52). Je vise 12h30, peut-être 12h15, et en rêve 12h ! A l’approche de l’impressionnant village Ironman, je réalise que c’est pour très bientôt, j’espère être assez concentrée. Le village est immense. Je récupère mon dossard et mes sacs. 5 sacs différents à remplir, il ne faut pas se tromper ! Un bénévole me dit que l’eau est à 22°. J’ai du mal à y croire. ça fait 2 mois que je m’entraine sans combi : elle a failli rester à La Rochelle. La météo va être bonne : allez, tous les feux sont au vert. Samedi je descends encourager un peu le half, allez Yann ! ça me met un peu dans l’ambiance. Les sacs et Tornado sont enfin déposés, il n’y a plus qu’à … Patrice et les enfants sont là, Fifi a fait la route aussi, c’est réconfortant de se sentir soutenue.

Dimanche réveil à 4h30, ça pique, mais enfin c’est le jour J. Rodrigue décide de venir au départ avec moi : « ben oui maman, quitte à être là, autant venir t’encourager dès le début ». Il fait froid (8°). A 6h50, c’est le départ en rolling start : 6 personnes toutes les 8s. Il parait que c’est mieux et plus fluide. Je n’ose pas plonger de peur de perdre mes lunettes : je fais un saut tout pourri. Dans l’eau, je passe mon temps à recevoir des coups, je me fais même retourner un doigt. Aie, ça fait mal avec le froid. Je n’arrive pas à allonger les bras, il y a du monde partout. Je double en me disant que ce sera mieux devant. 1er tour en 36’, c’est correct pour mon niveau. Je comprends vite au 2ème tour que ce n’est pas la peine de se fatiguer, je reste derrière les pieds. En fait les lignes ne sont pas assez larges, d’où la sensation de surpopulation. Des gros cubes indiquent la distance tous les 500m. A 3000m, je commence à ressentir un peu de froid. J’apprendrai plus tard que plusieurs personnes sont DNF pour hypothermie : 8°, ça pique ! Sortie de l’eau en 1h15. Je vois Patrice et Rodrigue, Fifi est un peu plus loin. C’est chouette.

La T1 est longue (7’), il fait froid. Je décide d’enfiler une veste coupe vent. Bien m’en a pris. Dès le départ vélo j’ai froid aux pieds, aux mains. Je fais tomber ma gourde des mains dans un fossé 500m après le départ : j’ai du mal à la retrouver. J’ai vraiment froid aux doigts. Allez il faut que je me concentre : je ne vais pas gâcher 6 mois d’entrainement pour un petit air frais.
Le début du vélo est difficile : avec le froid et la natation, j’ai le cardio qui monte haut. On entre dans du brouillard, je ne vois rien et doit enlever mes lunettes pleines d’eau. Il me faut 1h30 avant de me sentir bien. Je connais le parcours, il est roulant (même dénivelé qu’à Vitoria 900mD+ sur les 180km). Le revêtement n’est pas sensationnel, mais toujours mieux qu’en Charente Maritime. Laurent me double rapidement : quelle allure ! Au km 75, la bosse du parcours se passe bien (1 km à 8-9%) : je me fais doubler par des vélos classiques. Le CLM, ce n’est pas trop fait pour les côtes, mais dans les descentes, je les rattrape. A la fin du 1er tour, surprise ; je vois Patrice et les enfants sur un rondpoint. Chouette, ça me donne le sourire. Au km 92, je récupère mon sac de ravito perso : je recharge en compote, barres maison, pancakes châtaignes, blinis patate douce et pois chiche. La bénévole est envieuse d’un tel festin !

Début du 2ème tour, j’essaie de garder ma vitesse de croisière : entre 30 et 32 au compteur. Je me sens bien, pas de souci de frottement avec mon cuissard : cette année, j’ai choisi l’option singlet de tri fonction 2XU et haut de vélo. Ce sera un très bon choix. L’an dernier, j’avais les coutures du cuissard de vélo imprimées sur mon postérieur. Brulures très douloureuses ! Au km 120, je fais mes calculs : si je continue comme ça, je fais moins de 6h. Est-ce que ce n’est pas un peu rapide ? Est-ce que je vais réussir à courir correctement après ? Je m’étais fixé 6h au mieux (contre 6h21 l’an dernier). Je décide de ne pas forcer sur les pédales, mais finalement, je ne réduis pas l’allure. J’arrive au pied de la bosse : ça tire plus au 2ème tour, mais c’est normal. Je pose le vélo en 5h55 avec un peu d’appréhension sur la suite.
La T2 est un peu longue (5’). Il n’y a pas de bénévole pour poser le vélo. Le parc à vélo est vraiment immense.
Pour le marathon, j’essaie d’écouter le conseil d’Hervé : faire le 1er tour en dessous de son objectif. Ben c’est pas facile : j’appuie pas sur les jambes, pourtant je fais ce 1er tour en 1h02. Vais-je le payer plus tard ? Pourtant, je suis bien. Ma blessure de mars se réveille au km 5, j’espère que ça ne va pas empirer. Elle disparait au km 15, c’est bizarre. L’osteo me dira plus tard que c’est normal : le corps a une mémoire : bien Monsieur ! 2ème tour, ça va toujours : 1h05. J’ai beaucoup d’encouragements : Patrice et les enfants me font la surprise d’un beau tee-shirt « allez Domi », Fifi m’encourage à plusieurs endroits (je pourrais croire qu’il a plusieurs jumeaux dans Vichy), Manon, Christelle et Yann aussi. Quelle voix Christelle ! Je récupère mon ravito perso, c’est le début du 3ème tour.

Maintenant que mon mollet me laisse tranquille, c’est le psoas iliaque qui se réveille (blessure de l’an dernier). Décidément, ils se sont passés le mot. J’ai dû compenser. Normalement, c’est le tour le plus dur : je me concentre. Les jets d’eau aident à se rafraîchir : « allez-y sur les quadris ! ». J’ai les pieds détrempés, mais quelle fraicheur ! Patrice me dit que si je fais 4h38, ce sera moins de 12h, ça c’est motivant ! Je sers les dents. Début du 4ème tour, j’ai un gros coup de mou : fallait bien qu’il arrive. Je me rends compte que ça fait 10km que je porte un pancake à la châtaigne : je ne vais pas lui faire faire le tour de Vichy deux fois. Je l’avale, ça va m’occuper et me distraire de mes raideurs. J’ai du mal à lever les genoux et les pieds, je double un gars désespéré « c’est la pitié la façon dont on court » : il me répond « peut-être mais n’empêche que tu me doubles et en plus t’as un tour d’avance sur moi ». Ben oui, après le bleu et le vert, je l’ai ce bracelet jaune !! Allez maintenant tu te concentres pour bien finir. Fifi me dit que Faustine a fait un pari sur moi : « si tu fais moins de 12h, elle fait un half l’an prochain ». Je regarde mon chrono, moins de 4h30 est faisable. Alors je tente d’accélérer le pas (désolée Faustine). Bien m’en a pris : je finis les 3 derniers km en 5’22 au kilo et réussit le marathon en 4h27. Ouah … j’entre enfin dans la fan zone, je fais rouler la boule rouge à mon dernier passage. Et ça y est ! Je ne sais pas quel temps je fais au total, mais les larmes montent, peut-être j’ai fait moins de 12h ? 11h49 !? Non ? … Du mal à y croire, c’est dingue. En résumé : 1h15 pour les 3800m de natation, 5h55 pour les 180km de vélo et 4h27 pour les 42 km de course à pied.

Mais comment ai-je fais pour gagner 1h03 ?
• Mon plan nutrition a bien marché : merci à Myriam Charles Moreau : ça aide d’avoir le bon carburant.
• J’ai plus roulé cette année : 6200 km contre 5000 l’an dernier sur les 6 mois de préparation. Pour les autres disciplines, c’est pareil : 180km de natation et 700km de course à pied. Merci à Faustine et Sylvie de m’avoir accompagné pour différentes sorties, même sous la pluie et dans le vent !
• J’ai fait beaucoup d’enchainements vélo-course à pied. La plupart du temps, quand je posais mon vélo, j’allais trottiner (10’ si je n’avais pas trop le temps, et plus si prévu). J’ai fait moins de séances de piste. Cette année, j’ai fait plus de fractionné à vélo et moins en course à pied.
• Enfin moralement, j’étais plus forte que l’an dernier : ça aide beaucoup.
Je remercie mon fiston Rodrigue d’avoir été patient et compréhensif alors que j’allais m’entrainer. C’est énorme. Je remercie Franck et Manu d’Ecovélo pour tous les réglages vélo : 6200km, ça use ! Merci à Jérôme Depiets pour les cours de natation du jeudi matin 7h : j’y ai passé de bons moments.

Maintenant, place à la récup et à de nouveau horizons, peut-être plus vers le trail. Les courses de montagne et les entrainements avec ma poulette me manquent.

Dominique Blanchet

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