Ironman de Zurich (Suisse allemande) 2017 par Louis Audouin (22 ans)


IRONMAN ZURICH 2017, Récit de course

Cela faisait maintenant 8 mois que je ne pensais qu’à lui, il est 3h40 et je n’ai jamais été aussi prêt du départ de mon 1er Ironman. La nuit a été courte mais je sais que ça n’est pas la plus importante. Je ne change pas mes habitudes : petite douche bien chaude pour me réveiller, suivie d’un petit déjeuner classique en compagnie de ma supportrice numéro 1, flocons d’avoine/banane/Smecta (le smecta, lui, est exceptionnel, quoi que..).

Je me connecte sur Facebook pour ouvrir les derniers messages d’encouragement où j’apprends que la combinaison est autorisée depuis la vielle 22h45. Si j’avais su.. J’aurais peut être passé une meilleure nuit ! Bien que les 5km d’eau libre sans combinaison de Bordeaux m’aient mis en confiance, je n’ai jamais autant surveillé la température de l’eau que cette semaine.

Mes sacs sont prêt et je n’ai plus qu’à me rendre au parc à vélo à quelques minutes de l’appartement.. quelle le chance !

Sur place il fait nuit, les plus habitués ont pensé à la frontale pour se balader dans le parc à vélos et effectuer les dernières vérifications.

Pour moi ça sera avec le portable dans bouche pour vérifier la pression des pneus. Je me dis une nouvelle fois que l’option de ne pas avoir de prolongateurs pourrait me couter chere… Cela ne fait que quelques semaines que je roule sur ce Venge S-Works et son guidon Aerofly incompatible avec les prolongateurs classiques.

Au loin j’aperçois un maillot La Rochelle Triathlon. Oj m’avait dit que je ne serai pas le seul du club sur l’événement. Je croise alors Cyrille et Magali avec qui nous faisons connaissance, il reste encore quelques minutes avant d’aller se changer et c’est l’occasion d’échanger quelques mots. Eux, ont eu le temps de faire une reconnaissance à vélo et me mettent en garde sur les difficultés du parcours avant de m’exposer leurs objectifs. Ok…Nous ne jouons pas dans la même cours ! Bien que ma progression ces derniers mois auprès d’Oj ait été assez encourageante, je n’oublie pas que je suis petit nouveau dans ce sport n’ayant rien d’autre comme objectif que de finir ces 226kms.

Il est l’heure, petit selfie pour le blog du club avec le petit couple d’athlètes Rochelais et en route  !

J’enfile ma combinaison et rentre petit à petit dans ma bulle. J’ai décidé de me placer dans le SAS 60-70min. C’est la première fois que je pars en rolling start et c’est à mon sens une très bonne idée pour effectuer une nage à son niveau.

Je me glisse dans une des files, je suis le prochain à partir mais je n’arrive toujours pas à distinguer les bouées au loin formant ce parcours natation en forme de T : BIP, BIP, BIIIIIIIIIP, merde ! On verra bien !

Je sens dès les premiers passages de bras que les sensations sont bonnes, et je gagne des places en restant à mon rythme. Je fais attention à ne pas prendre de coups aux nombreux passages de bouée que présente le tracé. La montre affiche 1h11 quand je sors de l’eau, je suis étonné de ce chrono car je me suis rarement fais doublé, 4060m c’est peut être une raison.. ça n’est pas catastrophique non plus !

Première transition en 4:34, je file prendre mon vélo pour 2 boucles de 90km présentant un total de 1500m d+. Le parcours est magnifique et la première boucle se termine sans trop de difficultés par une côte d’1km. Au sommet, c’est pas le tour de France mais presque ! Le public déchainé s’écarte et me laisse découvrir le chemin… un grand moment. Fin de la 1ère boucle, moins de 3h.

La température augmente avec les puls lors du 2ème tours, mais les jambes sont bonnes, je décide donc de rester sur ce rythme. Je gagne quelques places et j’aperçois Magali avec qui j’échange quelques mots avant de repartir sur cette allure qui me convient bien. 140km, Le moment compliqué de la boucle arrive, et le ravito qui la précède avec. Je sais que ca va être difficile et je décide de faire le plein. Je jette une gourde pour en reprendre une pleine, mais je l’échappe. Je me dis que ça passera avec celle qui me reste, mais je me rends compte quelques km plus tard qu’elle est quasiment vide… « Ca risque de se compliquer ct’histoire ». La belle montée de la boucle surnommée « the beast » remontre le bout de son nez, et c’est sans eau que je m’y attaque. Après l’effort, le réconfort ( la descente)… ou presque !

Je flirte avec les 80km/h lorsque cadre se met à osciller rapidement, les vibrations s’amplifient, rendant vélo inconduisible. Le cadre est entré complètement en résonance, les athlètes autour de moi se sont immédiatement écartés comprenant que mon vélo était incontrôlable. J’ai vraiment cru que j’irai au tapis et aujourd’hui encore je me demande comment j’ai pu me sortir de cette situation. Après avoir stoppé le vélo, un bénévole a immédiatement appelé un « bike doctor » pour venir m’aider. En l’attendant, j’ai essayé de comprendre ce phénomène en observant et en analysant le vélo. J’ai coincé la roue avant entre mes jambes et j’arrivais à tourner le guidon d’une dizaines de degrés sans que RIEN ne se desserre. La fourche était complément souple, comme si le carbone était délaminé.

Au bout de 15min d’attente j’aperçois Magali qui me dépasse et me demande si ca va, je lui dis que tout est ok en pensant tout bas que la course est peut être finie pour moi. Au bout de 30min, le bike doctor arrive enfin. Rien à faire… Merci d’être venu, je vais repartir tranquillement à 20km/h dans la descente pour finir ces 20kms de vélo !

J’essaye de ne pas m’énerver pour ne pas sortir de ma course et pose le vélo en 6h27… Dommage, avec 30min de moins ça aurait pu être un vélo très correcte pour mon niveau vu le parcours.

Deuxième transition rapide, je pose mon cerveau dans la tente de transition et je pars courir ! J’ai perdu assez de temps avec ce problème et je compte bien ne pas perdre 1min de plus sur ce marathon. Les jambes sont bonnes, je pars sur une allure souple entre 5:40 et 6:00 au kilo pour ne pas prendre de risque. Les kms s’enchainent et j’attends toujours ce mur, ce problème gastrique ou ces crampes qui n’arriveront finalement jamais. L’objectif reste de ne pas marcher pour ne pas y passer 6h… La ligne d’arrivée approche, 4h12 à ma montre pour ces 42 km de course à pied. Je vois Cyrille et Magali qui m’attendent les bras en l’air derrière la ligne d’arrivée, et j’entends la voix du speaker m’accueillant avec la célèbre phrase… 12:02:11 affiché : Quelle journée !

Nous profiterons de ce moment que je n’oublierai pas en regardant les finishers arriver les uns après les autres.

Je reste très satisfait de ce chrono qui aurait été au delà de mes espérances si seulement je n’avais pas eu à attendre 30min.

Ce premier IM restera un souvenir inoubliable compte tenu des conditions dans lesquelles je l’ai couru.

Un grand merci à Oj qui m’a accompagné dans ce projet qui j’espère ne sera pas le dernier.

Louis