L’alpes d’Huez par Christophe, épreuve 2017 Longue distance


Compte rendu de l’Alpe d’Huez,

 

Bonjour à tous, voici mon petit retour sur le Longue distance de l’Alpe d’Huez, en compagnie de Sabine et Jérôme.

 

Pour nous qui sommes habitués à des terrains plats et plutôt monotones, ici le terrain de jeux est fantastique et spectaculaire, comme on peut le voir sur cette photo.

 

Je n’ai pas abordé cette course avec un objectif de temps à réaliser, mais plutôt une expérience et une façon, une nouvelle fois, de mieux me connaître. C’était en effet la première fois que je dépassais les 9 heures d’effort.

Tout démarra d’une blague lancée par Jérôme, notre Jéjé après la piscine et me voilà quelques mois plus tard dans les Alpes avec lui. Nous retrouvons là-bas Sabine en vacances dans la région.

Une petite photo, banale, la veille de l’épreuve lance la blague fil rouge de ce séjour :

« Maman Sabine et papa Christophe qui emmènent leur fils Jérôme à la montagne » !

La photo parle d’elle-même… J

Non, Jérôme, n’est pas à genoux ; il est bien debout !!

Bref, un mercredi tranquille avec une reconnaissance du parcours de la course à pieds avec l’organisation, la présentation des têtes d’affiche, une balade dans la station, et je retourne bosser un peu.

Tandis que Sabine, se lance dans l’ascension de l’Alpe d’Huez, en solo…

Notez que Jérôme, très pro, regarde attentivement le pourcentage de l’Alpe !

Une reconnaissance qui lui sera malheureusement inutile…

Jeudi matin, nous partons tranquillement à vélo en direction du lac du Verney avec Eric Bertin et Vincent Vinet. Donc 4 du Club à participer cette année.

Déroulement de la course :

Départ natation, je suis de suite en aisance avec une très bonne glisse et des appuis solides…

Non je déconne !! C’est Millet qui écrit, pas OJ !!

Donc une natation, lente et pourrie, dans une eau glaciale. A la fin du premier tour, j’en ai déjà ras le bol ! Comme j’ai vraiment froid je m’en prends qu’à moi-même d’être si mauvais, et je me force à mieux nager…. (Si, c’est possible… J).

Je sors bien évidemment transi de froid, mais content. Par contre, je prends des crampes aux deux quadriceps qui m’empêchent tout bonnement d’enlever ma combi. Je passe 5 minutes avec la combi baissée au niveau des mollets, sans pouvoir bouger. Presque comique pour les spectateurs qui doivent bien se demander ce que je fous ! Quand enfin je l’enlève, le plaisir démarre réellement.

Le vélo se passe super bien. Je suis enfin dans mon élément et je prends vraiment du plaisir. Je double tout le temps… Mais seul bémol, je passe trop de temps à m’arrêter, soit aux ravitos pour remplir les bidons, soit aux poses pipi d’un nombre étonnamment élevé ! (Habituellement je ne m’arrête pas). Les cols et les descentes s’enchainent et rien ne gâche le plaisir de rouler.

Malheureusement, dans la dernière descente, celle qui mène à Bourg d’Oisans je retrouve Jérôme près du fossé qui me lance « je suis tombé ; mon vélo est cassé ! » En pleine descente je ne pile pas pour ne pas tomber, aussi, et je file, choqué de la nouvelle ! Une chute et le vélo hors service !

J’entame la montée de l’Alpe où là , je n’ai plus à m’arrêter. Les bidons ont suffisamment de liquide et je peux vraiment m’amuser. Je fais une bonne montée, même si le 36 * 25 est un peu juste. Pour un col, ça va, mais pour quatre, je ne parviens pas à tourner les jambes comme il faudrait, et je fais une montée plutôt en force, ce que je n’aime pas. Mais ce n’est pas grave, ça passe. J

Je retrouve Sabine, en cours d’ascension et lui annonce la chute de Jérôme. Elle me dit qu’elle attend les autres et me retrouve ensuite sur la CAP.

La CAP se déroule correctement au début. Puis la fatigue d’une part et des douleurs gastriques d’autres part, m’empêchent vraiment de courir à mon aise. Ce n’est pas grave, je réalise un deuxième tour en courant tout de même, mais lentement, en compagnie de Sabine et un troisième en alternant marche dans les montées et course. (La peur de faire une Diniz, comme on dit maintenant dans le jargon, en pleine course m’oblige à ne pas forcer…).

Je termine en 9:12 content.

Mais ce qui va arriver par la suite sera la leçon mémorable de ce séjour. Sabine m’apprend, peut-être 30 minutes après mon arrivée que Jérôme n’a pas abandonné !! Il a monté l’Alpe d’Huez à pieds, et maintenant il court !

Sabine l’accompagne également sur sa course et nous le voyons franchir la ligne d’arrivée vers 20 heures ! Moments forts pour nous de congratulations de larmes et de félicitations.

Pour moi, Jérôme a vraiment réalisé un exploit !! Celui de se battre jusqu’au bout ; de ne pas abandonner ! C’est une belle leçon qu’il nous donne ! un Grand Monsieur !

Il avait les moins de 9 heures dans les jambes, me dit-il…

La dernière soirée est cool. On mange, on boit tous les trois ensemble, et je repars dans la nuit pour Grenoble car le lendemain, pas le temps de faire le mariole, j’ai un rendez-vous professionnel important à côté de Bourg en Bresse.

 

Séjour, et souvenirs inoubliables, plus qu’une course, une belle aventure humaine avec des liens qui se sont tissés. Sabine a vraiment été formidable ; son énergie communicative, et son grain de folie font du bien. Jérôme sait tacler, mais il prouve également que c’est un guerrier.

A l’heure où j’écris ces lignes, la digestion de l’effort est faite, et déjà le manque de quelque chose de spécial, se fait sentir. Les émotions que je peux vivre avec ce sport sont réellement particulières.

D’une certaine façon, on doit tous être assez dingue pour se mettre dans des états pareils, mais on en redemande à chaque fois.

 

L’Alpe, j’y retournerai ? Oui, mais sans doute pas l’année prochaine. Une chose est sûre, je veux savoir nager avant, afin de passer moins de temps dans l’eau, et du coup moins souffrir du froid.

Pour ceux qui seraient tentés par cette aventure, le conseil que je peux donner c’est de rouler. Nos sorties de trois heures ne sont pas suffisantes. Il faut savoir tenir les quasi six heures de vélo, tout en sachant qu’il faudra courir environ deux heures derrière. Car même si on court bien, là-haut, c’est pas Bouffenie, et l’altitude joue tout de même un rôle dans cette affaire…

Christophe.